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LE MINISTRE DU BUDGET, MAKHTAR CISSE, EXPLIQUE LE PSE AUX JEUNES DAGANOIS

Posté par: Ibrahima simaga| Lundi 09 juin, 2014 08:17  | Consulté 1707 fois  |  0 Réactions  |   

 

En marge du Gamou annuel, le Samedi 07 juin 2014 à 10 heures, la salle du Foyer du lycée Maître Abdoulaye Wade de Dagana était trop petite pour accueillir une audience venue assister à la conférence du Ministre délégué auprès du Ministre des Finances, chargé du Budget, en l’occurrence Monsieur Mouhamadou Makhtar CISSE. Ce dernier devait échanger sur le thème : « Rôle et place de la jeunesse dans le Plan Sénégal Emergent (PSE) »

Accueilli à son arrivée par le proviseur dudit lycée, Monsieur Khakifa SECK et surtout par son ami et frère Cheikh Tidiane CISSE, candidat à la Mairie de Dagana, le Ministre délégué a eu droit à un bain de foule avant d’accéder à la salle.

Il est revenu d’abord au proviseur, Maître des lieux, de souhaiter la bienvenue au Ministre qui était accompagné de sa charmante épouse. Dans son allocution de bienvenue, le proviseur dira que les portes du lycée Maître Abdoulaye Wade de Dagana seront toujours grandement ouvertes à son hôte du jour. Il terminera en soulignant que le Ministre constitue sans nul doute un modèle non seulement pour la jeunesse sénégalaise mais aussi pour toute la jeunesse africaine eu égard à son exceptionnel parcours et à sa fulgurante ascension sociale.

Puis, ce fut le tour du Modérateur de la conférence, Monsieur Ibrahima SIMAGA, par ailleurs Censeur dudit lycée et votre fidèle serviteur, de faire un bref rappel du Curriculum Vitae du Ministre.

Né à Dagana le 25 décembre 1967, Mouhamadou Makhtar CISSE fut entre autres Enfant de Troupe (Prytanée Militaire), Enarque (ENAM), Directeur de Cabinet (Ministre de Pêche), Inspecteur Général d’Etat (IGE), Directeur des Douanes, avant d’être nommé le 02 septembre 2013 comme Ministre délégué chargé du Budget. Le Modérateur ajoutera que « l’homme de l’année 2011 » fut plusieurs fois Major de sa promotion et qu’il a reçu beaucoup de distinctions, notamment la médaille du Chevalier de l’Ordre National du Mérite sénégalais, la médaille d’Honneur des Douanes Françaises et ainsi que la médaille d’honneur des Douanes Sénégalaises.

Corneille avait raison : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »

Ensuite, la parole est revenue au conférencier himself qui a tenu en haleine durant une deux heures un public constitué majoritairement de jeunes qui l’ont religieusement écouté, comme un marabout avec ses disciples.

Dès l’entame de sa communication, il a tenu à donner quelques conseils aux jeunes pour qu’ils puissent persévérer dans l’effort. «Il n’y a pas de miracle. Seul le travail paie, » dira-t-il.  S’il faut se fier au Ministre: «Le succès c’est 90% de transpiration et 10%  de chance. »

Pour entrer dans le vif du sujet, il dira que le Sénégal a décidé d’adopter un nouveau modèle de développement pour accélérer sa marche vers l’émergence et que cette stratégie, dénommée Plan Sénégal Emergent (PSE), constitue le référentiel de la politique économique et social du Sénégal sur le moyen et long terme.

Selon lui l’idée de « pays émergents » est née bien avant mais c’est avec l’exemple de Singapour vers les années 90 que le vocable a pris tout son sens.

Il précisera chiffres à l’appui que le PSE est un plan stratégique visant l’émergence économique à l’horizon 2035  et que c’est 27 projets phares et 2964 milliards à trouver auprès des bailleurs et autres partenaires stratégiques pour les financer en partie.

Selon le Ministre, le PSE est parti d’un constat, entre autres :

Ø  une population très jeune pour une croissance démographique rapide, plus de 50% de la population ont moins de 20 ans. Les filles représentent 58% et les garçons constituent 42% d’une population estimée à 14 millions d’habitants en 2014.

Ø  Un taux de croissance démographique de 2, 9%

Ø  Un taux de chômage de + de 40%

Ø  Seuls 30% de jeunes sont instruits.

Ø  47% taux de pauvreté (7 million de sénégalais n’ont pas 1000 francs par jours pour vivre décemment)

Ø  La balance commerciale est déficitaire

Ø  L’agriculture est vulnérable face aux aléas climatiques

Ø  Difficulté d’accès aux facteurs de production (eau, intrants de qualité)

Ø  Les infrastructures et les équipements posent problèmes

Ø  L’éducation, la santé, l’habitat social posent problèmes

Ø  Les secteurs des mines et des industries posent problèmes

Ø  Les moteurs traditionnels de l’économie sénégalaise se sont essoufflés (les bâtiments, les télécommunications et les services bancaires)

Ø  Le secteur privé est en perte de vitesse

Ø  577 milliards investis par an mais ces fonds sont mal investis

Ø  Actuellement le taux de croissance est de 3,5%, encore très en-deçà de la norme pour être considéré comme un pays émergent (7 à 8%)

Il n’y a que durant la période allant de 1995  à 2005 que le taux de croissance a atteint les 5% grâce au plan SAKHO- LOUM. Mais en 2006, le taux de croissance s’est encore infléchi jusqu’à renter dans un goulot d’étranglement.

De plus, le conférencier rappellera pour le déplorer que contrairement au Sénégal qui est un pays pauvre, tous les pays émergents travaillent dans leurs langues maternelles et que cela constitue un handicap pour nous qui parlons une langue étrangère, le français.

Pour le Ministre, c’est justement fort de ce constat alarmant qu’il a fallu inventer un plan de sauvetage de l’économie sénégalaise, à savoir le PSE et qu’il devient dès lors urgent de tout  faire pour activer les véritables leviers de la croissance et aller vers l’émergence dans un délai de 20 ans. Tel est le challenge que compte relever le PSE qui est en réalité une vision.

Pourtant, d’après le Ministre, les atouts de l’économie sénégalaise ne sont pas négligents. Il citera, entre autres :

1. La stabilité sociale et politique du Sénégal                                                                               

2. La situation géographique du Sénégal qui favorise le tourisme et les affaires (le doing business)

3. Le dynamisme de sa jeunesse.

En outre, selon le conférencier, le PSE est bâti sur 3 axes majeurs :

1. La transformation structurelle de l’économie pour créer des richesses et des emplois et attirer des investissements conséquents

2. Les richesses ainsi créées seront reversées dans le capital humain afin de réduire de moitié la pauvreté et les inégalités sociales tout en favorisant l’émergence des territoires viables

3. Le renforcement de la sécurité, de la stabilité et de la gouvernance et la consolidation de l’Etat de droit.

Pour le Ministre délégué chargé du Budget, les sentiers sont multiples et variés. Au-delà de l’agriculture dont la production devrait nous permettre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et même d’exporter le surplus, les mines et les industries, les PME,  l’amélioration de l’environnement des affaires, l’accès aux crédits bancaires, à travers le Plan d’Actions Prioritaires (PAP) PSE s’attèlera à réaliser des actions telles que la création des pôles d’émergence comme celui de Diamniadio, les infrastructures de dernière génération, l’éducation (faire de Dakar un campus régional), la santé, l’habitat social, l’assainissement, l’accès à l’eau courante, l’énergie et l’électrification rurale.

Tous ces vastes projets et programmes vont générer à la fois des richesses et des emplois pour les jeunes mais encore, soulignera-t-il, il faut que ces derniers soient bien formés. C’est pourquoi, il a invité les jeunes à suivre des formations solides afin qu’ils puissent aisément s’insérer dans le marché du travail.

Bien évidemment, s’il faut en croire le Ministre, l’emploi des jeunes sera au cœur des préoccupations des pouvoirs publiques  et le PSE leur réserve une place de choix d’autant plus qu’ils seront à la fois les moteurs et les fers de lance de ce Plan Stratégique.

Le Ministre a tenu à faire comprendre aux jeunes qu’il  ne revient pas à l’Etat de créer des emplois et que la création d’emplois est en principe l’apanage du secteur privé mais que l’Etat sera là pour l’accompagner dans ce sens.

Enfin, Monsieur le Ministre délégué a terminé sa conférence comme il l’a commencée : il n’a pas pu s’empêcher de donner à nouveau de sages conseils à tous ces élèves et étudiants qui sont venus en masse pour l’écouter. Il leur a tenu un langage de vérité :

« Il faut au préalable un changement de mentalités et de comportements: il faut faire de l’auto-emploi. Les jeunes doivent d’abord compter sur eux-mêmes et se prendre en charge eux-mêmes et non pas compter sur qui que ce soit. La politique de la main tendue doit s’arrêter. »

Le fameux proverbe chinois est là pour le confirmer dans ses propos: « Au lieu de donner un poisson à quelqu'un, mieux vaut lui apprendre à pêcher. » Comme pour dire que le Plan Sénégal Emergent commence d’abord par la rupture.

 

 

 

 

 

 L'auteur  Ibrahima simaga
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Ibrahima simaga
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