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L'HOMMAGE D'OBAMA A DR. KING: 50 ANS APRES I HAVE A DREAM

Posté par: Ibrahima simaga| Jeudi 29 août, 2013 08:50  | Consulté 879 fois  |  0 Réactions  |   

 

“Je rêve qu’un jour mes quatre petits enfants vivront dans une nation où ils ne seront pas jugés selon la couleur de leur peau, mais selon leur véritable personnalité. » Martin Luther King Jr.

28 août 1963, 28 août 2013. 50 ans, jour pour jour. Un discours historique et mémorable : « I Have a Dream » (« Je fais un rêve »),  prononcé à l’occasion de la fameuse « Marche sur Washington » devant plus de 250.000 personnes par le regretté Révérend Martin Luther King Jr. à Lincoln Memorial, Washington D.C., en face du Capitole, là même où le premier président afro-américain, en l’occurrence Barack Obama avait prêté « le serment le plus sacré » le 20 janvier 2009.

50 ans, c’est un demi-siècle. Barack Obama a saisi cette opportunité unique dans l’histoire du Pays de l’Oncle Sam pour rendre un vibrant hommage à l’héritage du « Pasteur d’Atlanta », pour ne pas dire Martin Luther King Jr. Il était accompagné de son épouse, la First Lady Michelle Obama et ainsi que de deux anciens présidents démocrates, à savoir Bill Clinton et Jimmy Carter. Décryptage de son discours.

Le discours peut être divisé en deux parties essentielles. Dans la première partie, on a comme l’impression que le président s’adressait aux enfants – parmi lesquels ses deux filles : Malia et Sasha, présentes à la cérémonie – par « devoir de mémoire ». Donc cette partie était plutôt « pédagogique ». Dans la seconde parie, Obama s’adressait expressément au peuple américain dans son ensemble. Il n’en aurait pas pu d’ailleurs être autrement d’autant plus qu’il n’est pas le président de 13 millions de Noirs américains, mais bien celui de tous les Américains, qu’ils soient Blancs, Noirs, Amérindiens, Asiatiques ou Hispaniques et que le Symbole de Martin L. King appartient à une Amérique diversifiée. La preuve, en 12 minutes de discours, il n’a prononcé le nom de Dr. King qu’une seule fois ! Il faut ajouter que depuis sa campagne présidentielle de 2008, il sait faire preuve de prudence sur la question raciale (racial issue).

Pour commencer, Obama reprend symboliquement les mots du Préambule de la Constitution des Etats-Unis : « Nous tenons pour évidentes en elles-mêmes ces vérités selon lesquelles tous les Hommes sont nés libres et égaux en droit et qu’ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables, parmi lesquels il y a le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur. » Ce rappel de ces mots n’est pas fortuit. Obama a voulu introduire son discours en rappelant que le but du discours de Dr. King était de lutter contre l’injustice et la discrimination raciale ou si vous voulez, pour l’égalité des droits. Il a juste voulu rafraîchir la mémoire de ceux qui seraient encore tentés de l’oublier.

Il rend hommage au mari de la regrettée Coretta Scott King en déclarant d’emblée que « ce discours inégalable reste l’un des beaux de toute l’histoire des Etats-Unis ». Ce qui est indéniable. Inutile de rappeler que le président Obama considère Dr. King comme son père spirituel (spiritual father), c'est-à-dire comme une référence personnelle (role model) dont il s’inspire. Il s’excusera d’ailleurs dès l’entame de son propos qu’il ne pourra pas réussir un discours aussi brillant que celui de son Mentor.

Il dira que cet évènement, c’est  pour « célébrer tous ces gens grâce à qui (ils) sont là aujourd’hui ».  Il veut parler de tous ces « marcheurs », tous groupes ethniques confondus. Mais il veut aussi faire allusion à des gens de la trempe de Dr. King comme Abraham Lincoln, le père de la Loi sur l’Emancipation des Noirs (Emancipation Act) en 1863, de John Fitzgerald Kennedy, l’initiateur de la Loi sur les Droits civiques (Civil Rights Act) en 1964 et de la Loi sur les Droits de vote (Voting Act) en 1965, deux lois signées par Lyndon B. Johnson grâce à l’activisme de Dr. King. Pour la petite histoire, après avoir signé la dernière loi, président L.B. Johnson a offert le stylo en or à Dr. King en guise de souvenir.

 Il évoquera ensuite la mémoire de ces « hommes, femmes, jeunes et vieux…ces Noirs qui avaient soif de la liberté et de ces Blancs qui estimaient qu’ils ne pouvaient accepter l’idée de liberté alors qu’ils étaient témoins de la subjugation des autres. »

Il poursuit en s’inspirant du Révérend : « Face à la haine, ils (les Noirs) ont prié pour leurs bourreaux.» « Face à la violence, ils se sont levés et ils se sont assis avec la force morale de la non-violence. »  Ces phrases sont des réminiscences de Dr. King. Pour reprendre son heureuse formule : « Quand l’ennemi te gifle sur la joue droite, tend-lui la joue gauche. » On appelle cela de la non-violence, d’après Mahatma Gandhi. Aussi, ces phrases ne nous surprennent pas, venant de la bouche d’un pasteur. Jésus-Christ n’avait-il pas prié pour ses bourreaux qui l’avaient crucifié en priant pour eux ? (« Oh Seigneur, pardonne à mes bourreaux ; ils ne savent ce qu’ils font »).

Pourtant, s’il faut en croire l’orateur du jour, Barack Obama, citant Frederick Douglas : « La liberté n’est jamais donné ; elle doit être  acquise par la lutte et la discipline, la persévérance et la foi. » C’est là tout le sens de la méthode non-violence de Dr. King. Des marches pacifiques, des sit-in, des boycotts…des désobéissances civiles. Toutes ces méthodes étaient appliquées par les partisans de Dr. King, « …jusqu’à ce que la justice émerge ».

Obama dira qu’à travers ce fameux discours Dr. King « a offert le salut à la fois aux opprimés et aux oppresseurs en même temps. » Là aussi, on se rappelle les mots de Dr. King dans son discours :

« Je rêve qu’un jour les enfants des anciens esclaves et les enfants des anciens propriétaires d’esclaves s’assiéront ensemble à la même table de la fraternité….et marcheront ensemble main dans la main comme des frères et sœurs …Voici mon espoir… »

Obama poursuit en martelant: «  Parce qu’ils ont continué à marcher, l’Amérique a changé. Parce qu’ils ont continué à marcher, des conseillers municipaux ont changé ; les parlementaires ont changé ; le Congrès a changé, et oui ! Enfin de compte, la Maison-Blanche a changé. » Je pense qu’à ce niveau vous n’aurez pas besoin d’un dessin pour comprendre.

Il renchérit en parlant des enseignements à tirer de ce discours historique : « Nous devons avoir le courage de changer. La Marche sur Washington nous enseigne que nous ne sommes pas esclaves des erreurs de notre histoire, que nous sommes au contraire les maîtres de notre destin. » Avant d’enfoncer le clou : « Mais elle nous enseigne aussi que la promesse de cette nation ne sera tenue que quand nous travaillons ensemble. »

Il reconnaît que « Les sacrifices de King et de ses compagnons de la ‘Marche sur Washington’ pour l’égalité raciale n’avaient pas été en vain », mais en même temps, il en est bien conscient que « le combat pour l’égalité n’est pas encore terminé » et que « la préservation des acquis requiert une constante vigilance et non de la complaisance. »

Bref, même s’il a n’a pas été à la hauteur de son Mentor, Obama a joué jusqu’au bout le rôle d’un équilibriste qui marche sur une corde raide du Mont McKinley pour rejoindre l’Himalaya. Son discours se veut à la fois conciliant, rassembleur et pacifique comme l’aurait sans doute souhaité Dr. King. Indubitablement, Obama reflète l’image du premier président d’une raciale post-raciale, qu’on le veille ou non.

(Merci de me suivre sur mon blog :www.obama4ever.seneweb.com)

 

 

                                                                                                                                    

 L'auteur  Ibrahima simaga
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Ibrahima simaga
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