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De Baltimore à Ghetto Watts : 50 ans d’émeutes raciales aux Etats-Unis

Posté par: Ibrahima simaga| Vendredi 01 mai, 2015 17:05  | Consulté 986 fois  |  0 Réactions  |   

Selon le « Pentagone racial », il existe 5 groupes ethniques aux Etats-Unis : les Blancs, les Noirs, les Latino-Américains ou Hispaniques, les Amérindiens et les Amérasiens, c est-à-dire les populations d’origine asiatique. Chaque groupe ethnique possède sa propre histoire. Mais force est de constater que l’expérience de la communauté noire, qui fut victime de l’esclavage et d’une ségrégation outrancière, est à la fois unique et poignante. C’est justement ce qui fera dire à Henry James que « History is a nightmare, » traduisez : « L’histoire est un cauchemar». Aux Etats-Unis, malgré le fait que ce soit un Noir- Barack Obama- qui est le locataire de la Maison-Blanche, les stéréotypes et les préjugés raciaux sont encore tenaces. Sur le plan judicaire, les juges et les jurés (12 membres dont la majorité est très souvent blanche) sont plus enclins à condamner un Noir qu’un Blanc. Dans le subconscient du Blanc, en fait, le Noir c’est le voleur, le violeur, l’agresseur, bref le criminel. Comme dirait l’autre : « On vous jugera coupable ou non coupable, selon que vous soyez noir ou blanc. » Pire, sur le plan du travail, les Noirs sont les derniers à être embauchés et les premiers à être licenciés. C’est la « loi d’airain, » pour reprendre l’heureuse formule de Lassalle ; une loi dure comme le fer. En 1968, à la demande du Président Lyndon Johnson, la Commission KERNER, chargée d’enquêter sur les émeutes raciales dans les ghettos noirs de l’Amérique au milieu des années 1960 –malgré l’adoption de la Loi sur les Droits Civiques en 1964 – concluait dans son rapport que « Les Etats-Unis étaient en train de se scinder en deux sociétés, l’une noire et l’autre blanche, séparées mais inégales. » Presque 50 ans après, on peut toujours dire que la conclusion de cette Commission était prophétique car ce clivage crève les yeux. C’est le « Racial divide, » ils disent. Pourtant, le Président Abraham Lincoln avait prévenu les Américains quand il disait : « Une maison divisée contre elle-même ne peut tenir. » Sans entrer dans les détails, je vous invite à revisiter avec moi ces 50 ans (1965 -2015) d’émeutes raciales aux Etats-Unis. Cependant, pour mieux comprendre pourquoi le Pays de l’Oncle Tom, pardon le Pays de l’Oncle Sam, s’embrase tant, commençons par l’évènement le plus récent, c est-à-dire celui qui est le plus frais dans nos mémoires. 2015 (Baltimore) : Freddie Gray, un jeune noir de 25 ans sans arme, décède le 19 avril, une semaine après son interpellation par la police. Des émeutes raciales éclatent. 7 policiers sont blessés. Le Gouverneur décrète l’Etat d’urgence. Ce vendredi 1er mai 2015, le Procureur de Baltimore, Marilyn Mosby, vient d’inculper les 6 policiers pour homicide volontaire, tout en rassurant les protestants que cette fois-ci « la justice sera rendue ». 2014 (Ferguson) : Michael Brown, un jeune noir de 18 ans sans arme, est assassiné le 9 août par un policier blanc, Darren Wilson. Ce dernier est acquitté par le grand jury populaire (9 blancs et 3 noirs). La banlieue de Saint-Louis, à Ferguson, s’embrase. 2012 (Sandford) : Trayvon Martin, un jeune noir de 19 ans, est assassiné par son voisin blanc, George Zimmerman. Ce dernier est acquitté en 2013 par la justice. Sandford (Floride) s’embrase. La communauté noire se soulève pour réclamer justice pour Trayvon, avec des pancartes : « We are all Trayvon ! » traduisez : Nous sommes tous Charlie, pardon Trayvon ! 2001 (Cincinnati) : Timothy Thomas, un jeune noir de 19 ans sans arme, est assassiné par un policier blanc. Des émeutes raciales éclatent, émaillées d’incendies, de pillages et d’autres actes de vandalisme pendant 3 jours. Le Gouverneur de l’Ohio déclenche l’Etat d’urgence pour juguler la situation. 1992 (Ghetto Watts) : Rodney King, un automobiliste noir, arrêté pour excès de vitesse et sévèrement malmené (plus d’une cinquantaine de coups de matraque !) par quatre policiers blancs. Ces derniers sont acquittés, au grand dam de la communauté noire, qui se révolte. 59 personnes meurent dans les émeutes. L’armée a été obligée d’intervenir dans ce ghetto de Los Angeles. 1991 (Brooklyn) : Un enfant noir de 7 ans est renversé par le cortège motorisé du rabbin de Brooklyn, Menachem Schneerson. Des émeutes raciales éclatent pendant 4 jours entre la communauté noire et la communauté juive dans le quartier de Crown Heights, dans l’arrondissement de Brooklyn à New York. 1980 (Miami) : Arthur McDuffie, un jeune motocycliste noir, est battu à mort par 4 policiers blancs pour avoir brûlé un feu rouge, à Miami. Ces derniers sont acquittés à Tampa, en Floride, par un jury exclusivement composé de blancs. Des émeutes de 3 jours éclatent dans le quartier noir de Liberty City, à Miami, faisant 18 morts et plus de 400 blessés. 1968 (Memphis): Rev.Martin Lither King, Jr, le Leader noir le plus charismatique, le héros de la lutte pour les droits civiques, l’apôtre de la non-violence… est assassiné à Memphis, dans le Tennessee. Les Noirs soupçonnent la CIA et le FBI. Le l’Amérique s’embrase : 125 villes dont Chicago, New York et Baltimore sont touchées par les émeutes raciales. Bilan : 46 morts et plus de 200 blessés. A Washington, D.C, le Président Lyndon Johnson fait appel à une division d’élite de l’Armée américaine pour ramener le calme sur la capitale. 1967 (New Jersey et Detroit) : C’est l’été meurtrier. Dans le New Jersey en juillet 1967, suite à une altercation entre des policiers blancs et un taximan noir, des émeutiers mettent à sac le ghetto de Newark. Plus tard, plusieurs villes américaines sont touchées, dont Detroit plus particulièrement. La garde nationale et l’armée sont déployées. Elles sont obligées d’utiliser des chiens et des lances à incendie. Bilan : 83 morts et des centaines de blessés. 1965 (Ghetto Watts) : Marquette Frye, un jeune noir est arrêté et malmené par la police lors d’un contrôle routier. Les Noirs de ce ghetto se révoltent et déclenchent des émeutes pendant une semaine. Incendies et pillages se succèdent. Le Gouverneur a dû recourir aux grands moyens pour imposer l’ordre. Bilan : 34 morts et plus de mille blessés. Je passe sous silence l’assassinat d’un autre leader noir, Malcolm X, en 1965. Peut-être que Martin Luther King, Jr avait raison : « No justice, no peace, » traduisez : « Pas de justice, pas de paix ». (Suivez-moi sur mon blog : obama4ever.seneweb.com)

 L'auteur  Ibrahima simaga
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Ibrahima simaga
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